La semaine dernière, j’ai accompagné les stagiaires en nutrition et en médecine dans la visite de trois hôpitaux à Tegucigalpa : un hôpital privé, le Honduras medical center, plus chic qu’un hôtel 5 étoiles et désert, un hôpital semi-privé et un autre public, l’hospital escuela.
À l’hospital escuela, nous sommes accueillies par un drôle de personnage, un médecin qui s’avèrera pour moi être un homme exécrable. Il nous fait faire une visite des différents départements de l’hôpital comme s’il s’agissait d’un show, embrassant et serrant dans ses bras au passage toutes les infirmières et médecins qu’il croise d’une façon caricaturale comme si, à chaque fois, il allait se faire prendre en photo pour la une d’une revue. Il nous fait entrer dans des chambres de patients sans égard à leur pudeur, dans des bureaux de médecins en pleine consultation. Il nous montre des gens affaiblis, entassés dans des lits sans même les regarder, sans leur adresser la parole. Il pousse celles d’entre nous qui ne veulent entrer dans les chambres à regarder les patients.
En nous rendant au département de pédiatrie, une vieille dame qui semble morte est couchée au sol. L’assistante de M. Exécrable la prend en photo et continue sa route. À la pédiatrie, nous sommes laissées plusieurs minutes sans guide, 10 gringas au centre d’une salle d’attente bondée qui regardent mal à l’aise ces enfants qui pleurent, qui crient, ces parents fatigués. La douleur que vive ces gens est insupportable à voir. Une équipe de télévision arrive à la course et prend des images des patients, aucun respect. M. Exécrable se place devant la caméra et commence à faire une entrevue avec en arrière-plan notre groupe confu, choqué. Il commence à parler de nous, les « médecins canadiens » dont il semble faussement fier et s’apprête à vouloir nous interviewer. Nous partons alors, dépassées par tout ce que nous venons de voir et de vivre.
Et que dire des installations. Aucune aération, chaleur insupportable, aseptisation minimum. Le nom des différents départements est écrit à la main sur des bouts de papier à moitié déchirés, l’hôpital ne semble pas avoir été lavé depuis des jours. C’est particulièrement frappant dans le laboratoire d’ analyse.
Et dans le public, comme dans le privé, les soins se paient. Au Honduras medical center, il en coûte 800 Lempiras pour une consultation (sans compter les frais pour les médicaments et les soins spéciaux). Le salaire minimum au honduras est de 1 200 Lempiras par mois (environ 60 dollars canadiens). Même dans le secteur public, les patients les plus pauvres n’ont pas accès aux meilleurs soins et sont souvent renvoyés à la maison nous dit Yanina, notre coordonnatrice. La corruption est partout au Honduras.










Bonjour André-Anne!
Wow! Je constate que déjà ton séjour est rempli de péripéties, de surprises et de dépaysement! Ton bref survol du système de santé me rappelle grandement le Mali….en effet, disons que les conditions y sont très différentes (!). J’espère que tout se déroule pour le mieux pour toi là-bas et que tu t’en mets plein la vue! J’attends avec impatience le prochain post….ça me fait très plaisir de te lire…et me replonge d’une certaine manière dans l’atmoshpère du «Sud»!
Bise chère Andrée-Anne!
Maude x